Avec ses paysages de cratères, ses falaises noires et ses plages claires, Lanzarote ne ressemble à aucune autre île des Îles Canaries (pour comparer avec sa voisine, lisez notre guide de Tenerife et ses incontournables). Elle mesure à peine 60 km de long, ce qui permet de tout voir en une semaine sans courir. Reste à savoir par où commencer, et c’est la question que règle cet article : trois ou quatre visites à ne pas rater, puis le reste en quelques lignes.
Que faire à Lanzarote : les incontournables en un coup d’œil
Si vous n’avez que quelques jours, retenez quatre étapes. Le Parc national de Timanfaya reste la visite numéro un, avec ses « montagnes de feu » et ses paysages lunaires. Viennent ensuite les sites de César Manrique dans le nord (Jameos del Agua, Cueva de los Verdes, Mirador del Río), la route des vignes de La Geria, puis une journée de plage à Papagayo ou à Famara.
Le reste (Los Hervideros, les salines de Janubio, Arrecife, La Graciosa) complète l’itinéraire selon votre temps et vos envies. Le tableau ci-dessous aide à choisir selon votre profil de voyage.
| Profil | À faire en priorité |
|---|---|
| En famille | Timanfaya en bus, Cueva de los Verdes, plage de Papagayo, balade en bateau |
| En couple | Dégustation à La Geria, Mirador del Río, coucher de soleil à Los Hervideros |
| Sportif | Windsurf et kitesurf à Famara, plongée, randonnée dans les volcans |
Timanfaya et La Geria : le volcan et les vignes
Le parc de Timanfaya est né des éruptions du XVIIIe siècle, qui ont recouvert près d’un quart de l’île de lave. Les voitures n’y circulent pas librement : on le parcourt en bus, sur une route qui serpente entre cratères rouges, champs de lave et sols encore brûlants. Les guides y font démonstration de la chaleur du sous-sol en versant de l’eau dans un trou, qui ressort aussitôt en geyser. Prévoyez environ deux heures sur place et l’entrée tourne autour d’une quinzaine d’euros.
À quelques minutes de là, La Geria offre un tout autre visage de l’île volcanique. Les vignes volcaniques y poussent dans des cuvettes creusées dans la cendre noire, protégées du vent par de petits murets de pierre en demi-lune. Le résultat est un paysage unique, et un vin malvasía sec ou doux qu’on déguste dans plusieurs bodegas ouvertes aux visiteurs. Arrêtez-vous dans l’une d’elles pour comprendre comment la vigne survit sans quasiment recevoir de pluie.
Jameos del Agua, Cueva de los Verdes et Mirador del Río : l’empreinte de César Manrique

On ne peut pas parler de Lanzarote sans évoquer César Manrique. Cet artiste local a imposé dans les années 1960 et 1970 une règle simple : construire bas, en blanc, en respectant le paysage. Il a aussi transformé plusieurs sites naturels en lieux de visite sans les dénaturer.
Aux Jameos del Agua, un tube de lave effondré abrite un lac souterrain où vivent de minuscules crabes albinos, avec une piscine et un auditorium aménagés dans la roche. La Cueva de los Verdes, toute proche, appartient au même système de galeries : on y marche environ un kilomètre dans un tunnel façonné par la lave. Les deux visites se combinent bien dans une même matinée, d’autant qu’un billet commun existe pour plusieurs sites de l’artiste.
Le Mirador del Río, tout au nord, couronne le tout. Manrique a intégré ce belvédère dans la falaise à près de 480 mètres d’altitude, et la vue plonge sur le détroit et sur La Graciosa. Si le temps le permet, ajoutez la Fundación César Manrique à Tahíche, installée dans sa maison construite au cœur de bulles volcaniques.
Plages et sports nautiques : Papagayo, Famara et le windsurf
Pour le farniente, la Playa Papagayo, dans la réserve naturelle des Ajaches au sud, reste la référence. Ses criques de sable doré et d’eau turquoise sont accessibles par une piste (un petit droit d’accès pour les véhicules) et abritées du vent, donc idéales avec des enfants. Prenez de l’eau et de quoi manger : les services y sont limités.
Sur la côte nord-ouest, la Playa de Famara a une tout autre ambiance. Longue de plusieurs kilomètres, adossée à une falaise spectaculaire, elle attire les amateurs de surf, de windsurf et de kitesurf grâce à des vents réguliers. Les écoles du village de La Caleta proposent des cours pour débutants comme pour confirmés.
Les autres activités en mer valent aussi le détour : sorties en catamaran, plongée, snorkeling ou observation des dauphins au départ de Playa Blanca ou de Puerto del Carmen. Et pour une journée différente, le ferry d’Órzola rejoint La Graciosa en une vingtaine de minutes : rues de sable, plages quasi désertes et poisson frais au déjeuner.
Los Hervideros, Janubio et El Golfo : la côte et les lagunes
Sur la côte ouest, les falaises de Los Hervideros ont été découpées par la lave en contact avec l’océan. Des sentiers aménagés mènent à des grottes et des passages où les vagues s’engouffrent dans un grondement impressionnant, surtout par mer agitée. C’est aussi un excellent endroit pour le coucher de soleil.
Un peu plus loin, la Playa de Janubio borde une lagune dont les salines produisent encore du sel, avec ses bassins aux couleurs changeantes. Poursuivez jusqu’à El Golfo, où le fameux lac vert (le Charco de los Clicos) étonne par sa teinte émeraude, due à des algues. La baignade y est interdite, mais le point de vue vaut l’arrêt de dix minutes.
Itinéraire type de l’ouest : trois arrêts en une demi-journée
Enchaînez La Geria le matin, Janubio et El Golfo à l’heure du déjeuner, puis Los Hervideros en fin de journée pour profiter de la lumière sur la lave.
Arrecife, gastronomie et pause culturelle

La capitale, Arrecife, ne figure pas toujours sur les programmes, et pourtant elle mérite une demi-journée. On y flâne autour du Charco de San Ginés, un petit lagon bordé de restaurants, et on visite le château de San Gabriel. La gastronomie locale s’y découvre facilement : papas arrugadas avec sauce mojo, poisson du jour, fromage de chèvre et, bien sûr, un verre de malvasía.
Conseils pratiques pour organiser sa visite
La voiture de location est le meilleur moyen de se déplacer à Lanzarote : les distances sont courtes, les routes en bon état et les transports en commun peu pratiques pour les sites isolés. Réservez-la à l’avance en haute saison et prévoyez de partir tôt pour Timanfaya, qui se remplit vite en milieu de journée.
Le climat est doux toute l’année, avec des températures qui oscillent autour de 20 à 28 °C. L’hiver reste agréable pour visiter, l’été plus chaud pour les plages, et les alizés soufflent presque en permanence, ce qui explique le succès du windsurf et du kitesurf. Pensez à emporter une veste coupe-vent, même au soleil.
Pour fixer un rythme, comptez trois jours si vous voulez voir l’essentiel (Timanfaya, la route de l’ouest, les sites de Manrique), cinq à sept jours pour ajouter les plages, La Graciosa et les activités nautiques. Alternez une journée de visites avec une journée plus calme : sur une île aussi dense en paysages, c’est le meilleur moyen de ne pas s’épuiser.

